James Sacré par Alexis Pelletier

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Nous serons peut-être des signes seulement, comme les signes que sont les campagnes d’enfance.

Passer dans vos sourires et vos rêves c’est découvrir la fragilité de mon être.

Souvenez-vous comme les arbres des prés par chez nous sont silencieux quand on s’arrête de marcher, comme un regard d’animal vert.

J’entends que j’ai marché.

Vos yeux sont restés ouverts sur ce geste de mes mains qui ont bougé l’herbe de vos rêves…

Vous êtes loin, comme une campagne d’enfance.

Ton visage penche vers un rêve que je ne perçois plus.

Tu ne regardes pas et tes yeux dorment sur un souvenir fermé. Pour toi, peut-être un souvenir ouvert.

Roses-thé dans un vase et des cuivres d’anciens temps. Avons-nous parlé sans que cela fût nécessaire ?

Tes yeux filent très minces à l’angle d’un meuble paysan et vieux, et passent bien au-delà de ma présence, visent peut-être ce fond de ma mémoire où dort dans son bois d’arbres dorés la Dame à la Licorne ?

Tu rêves de choses très anciennes ?

Tu parles du pays de notre enfance.

Je ne sais jamais où tu vis, si c’est dans l’élégance discrète de ton costume, dans ton langage ou dans ces livres rangés dans l’ombre de ta mémoire.

Tu parles de l’avenir.

Il semble que tu sois le présent : toutes choses que nous disons présentes, pour cela, paraissent moins vives et moins vertes.

Nouveau carnet nomade : L’Aquila, par Jean Portante et David Hébert

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Les amandiers sont silencieux cette année dans la vallée de l’aterno. les figuiers un peu moins. je veux dire cette année-là, pour brouiller un peu les pistes. pour superposer les couches du temps. des deux massifs montagneux de part et d’autre de la route descend une envie silencieuse de superposer les couches du temps. des deux mers derrière les montagnes monte une odeur silencieuse qui vient elle aussi superposer les couches du temps. les montagnes de gauche sont noires. Celles de droite se cachent dans les nuages. le soleil se tait. le vent aussi. Il fait un signe aux amandiers qui bordent la route, mais ces derniers ne s’inclinent qu’un peu. ils parlent déjà une langue étrangère. il est midi. c’est l’heure de partir. dans la valise dort un souvenir. l’aquila dort, elle aussi, étalée comme insouciante dans la large vallée. fait semblant de dormir plutôt. on dirait qu’elle est encore debout. on dirait que rien ne pourra jamais l’ébranler. mais pourquoi est-elle si silencieuse ? pourquoi y a-t-il dans son ciel un fantôme de silence ? on le voit de loin. c’est comme si s’évaporait l’âme de la ville. où va l’âme d’une ville quand elle s’évapore ?

 

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Belle nouveauté aux Vanneaux : Patrick Prigent – Chiens de fusil

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Je parle sans mémoire

on entre dans la pierre

d’un temps qui la précède

par les détours soyeux

m’incarnent les parages

d’un vif éclat de lune

du lieu qui reste à dire

sur le sable mouillé

 

 

Mains ouvertes du gel

la nacre où gît l’éclair

sur le plat-bord des barques

d’une coquille d’huître

la paume vers l’écharde

entaille les deux faces

le dos jonché d’étoiles

d’un miroir phréatique

 

 

Poser la voix dans les mains – Lysiane Schlechter et Michaël Glück

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surgit d’un mamelon de terre surgit du grand corps continental surgit s’élève se dresse
comme un tétin qui
s’ouvre se fend se fendille s’engendre citadelle
avec murailles muettes
et l’oeil

ou bien le désir cherche citadelle

jumelle enclose sur
on ne sait quelle veille des morts
au loin là-haut au bout du désert
ou peut-être ne s’agit-il que d’une réplique rangeant la peur dans la mémoire
une réplique d’ Elseneur
avec Ophélie des sables

il fallut commencer par conter une histoire

argile fragile
une pâleur de porcelaine biscuit des trépassés

les villes commencent sur les tertres par la dévotion au disparus
les villes sont nécropoles

ô corps vêtus de lin
ô corps tressé de chanvre

la pâle Ophélia flotte comme une rose qui meurt entre les dunes
tourmentée par simoun ou sirocco

« et derrière ces murailles on attend sans se lasser »

de quelle soif ici de quelle guerre quelles amours ne se remet-on jamais

jamais

une corde de l’oud
dans le silence s’est cassée

Vidéo de la soirée du 16 avril: Jacques Pater lit des textes du peintre Pierre Humbert, exposé à la galerie, en présence de l’éditeur Michel Foissier

Pour ceux que le mauvais temps ont empêché de venir au vernissage, voici la video de la soirée. Jacques Pater lit des textes de Pierre Humbert, exposé actuellement à la galerie, et son éditeur, Michel Foissier (Propos2Editions), qui est aussi celui de Cécile Odartchenko, parle de son ami de toujours!
Le livre sur l’oeuvre de Pierre Humbert, magnifique, est disponible à la galerie. Préface de Pierre Lieutaghi!