Jean-Paul Klée est né le 5 juin 1943 à Strasbourg. Son père, Raymond-Lucien Klée, résistant gaulliste, philosophe et ami de Jean-Paul Sartre, est assassiné en 1944 (JPK a neuf ans) par les nazis au KZ le Struthof en Alsace (il faudrait lire son « Retour au Struthof » publié dans poëmes de la noirceur de l’occident, que nous ne pouvons reproduire ici, faute de place, parce qu’il est très long). La blessure de l’enfant éternel est inguérissable, elle fissure l’œuvre entière du poète. Et probablement détermine une farouche détermination au militantisme jusque-au-boutisme : il sera radié de l’Éducation Nationale en 1991 pour avoir divulgué des documents secrets concernant les dangereux collèges et lycées construits sur le modèle Pailleron (il sera même incarcéré dix-huit jours pour cela). Il se battra comme un forcené contre les établissements Pailleron, au risque de tout perdre. Jean-Paul Klée, que certains lecteurs appellent Jipéka, est une œuvre-vie. Écrire est consubstantiel au vivre, et vice versa. L’œuvre publiée est mince, comparée à l’œuvre inédite, fluviale, immense, généreuse, alerte, roborative, jouissive… Des milliers et des milliers de pages de poèmes, de récits, de journaux intimes sont à découvrir. Hélas, ou heureusement, Jipéka ne sait pas défendre ses écrits, et ne fait pas de l’édition une fin en soi ; écrire, écrire amoureusement, voilà quoi compte pour lui ; envoyer parfois à un éditeur (souvent un manuscrit-manuscrit), ou à une revue, plutôt quand on le lui demande, souvent aussi aux amis, sans autre souci que donner. Une œuvre entre exaltation amoureuse et tristesse cosmologique, entre narcissisme florissant et don de soi, une œuvre, à mon sens, fascinante, au graphisme flamboyant, qui danse sur les cendres. « C’est notre Whitman », disait de lui Guy Chambelland, son premier éditeur. Un Agrippa d’Aubigné moderne. Après sa radiation, il est fut rmiste, situation qu’il n’a plus quittée ; se réfugiant plus que jamais dans l’écriture et dans l’amitié. Ainsi celle pour un jeune homme, Olivier Larizza, pour qui il écrit au moins un poème par jour depuis 2000, un don titanesque, qu’a décidé courageusement de publier entièrement Cécile Odartchenko à l’enseigne des éditions des Vanneaux, sous forme de cahiers puis d’anthologie (le premier cahier : trésor d’olivier larizza).

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