Paul Fleury, Flux sur un échiquier « Franchissement de l’aube »

Toute écriture de fondation

anticipe le champ
de ses métamorphoses
loin – jusqu’à s’éblouir
dans l’éclair soudain de sa joie.

La vérité fulgure en l’espace d’un jeu
clos – qui n’est pas encore.

Le poème lancé en avant
ne quitte son lieu sûr
son erre
que pour la case d’un damier blanc.

Son erre devient errance.
Il y repose en paix, il n’est déjà plus !

Le jeu n’est pas dans la topique
mais dans le bond,
tout entier contenu dans ses déplacements.
Pour dominer l’âme du jeu,
il faut user plusieurs damiers,
postuler plusieurs dames
agir et mourir debout.
Les cases de l’échiquier ne suffisent pas.
Il faut un chiffre infini,
– une aube franchie pas à pas.
L’incertitude peut y loger sans armes,
la terre y cède au fleuve ouvert à tous les vents
et parfois se confie au feu du mascaret.

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