aimez vous les escargotsIl est temps de vous parler d’André Bay! Mon grand ami , comme un amour, l’encouragement à vivre, à aimer, à jardiner, à lire, à écrire, à faire mes déjeuners d’André, puis mes « vergers » de la poésie, à peindre, à observer la nature, les oiseaux, la pie perchée sur son grand pin, en haut du coteau en bordure de Seine où était construite la maison de Chardonne qu’il habitait.

 

Ces derniers temps, avant de mourir  à 95 ans, il la regardait toujours, ne bougeant plus dans son fauteuil, ( jambes fragiles) il lui arrivait de tomber. Mais il voulait toujours y aller, vers cette fenêtre et vers l’autre, celle qui donnait sur la partie du jardin où poussaient ses iris et ses roses. Là, s’ébattaient d’autres oiseaux et quand ce n’était pas eux, c’étaient les feuilles tout simplement, qui remuaient et le vent, la brume qui enveloppait tout de son voile, et cachait le soleil, ou les nuages et puis aussi les avions qui fonçaient droit vers la Frette, venant d’Orly…

 

Il ne s’en lassait jamais de regarder et de s’émerveiller. L’émerveillement, c’était vraiment son « truc » et depuis toujours! Il aimait!

 

Il a aimé ses auteurs et en parlait avec ferveur, (directeur des éditions Stock) et descendait au moins trois fois pendant les repas, à la cave pour remonter des livres qui venaient à propos dans la conversation; il savait où ils étaient, bien qu’il y en ait plus de 30 000, en bas. Et d’autres en haut et dans toutes les pièces. Pourtant encore de la place pour les tableaux, ceux de son ami Prassinos bien sûr et puis les siens, que son fils Didier a jetés dans la benne… Il y a des « crimes » comme ça! Vers la fin, il me disait de prendre ce que je voulais, pour « sauver » la bibliothèque! Et m’a donné les tableaux que je lui ai demandés. Ainsi j’ai une mouche « Ophélie » qui se noie dans la rivière et la verdure, j’ai une Frette, vue du bras sinueux de la Seine, vue de la terrasse, j’ai un hibou aussi… Mais surtout j’ai dans le coeur ce trésor que personne ne peut m’enlever ni jeter à la benne, mes beaux souvenirs de lui, comme j’ai aussi les beaux souvenirs de Pierre Garnier.

 

J’ai publié deux livres d’André, « Dérives blanches » dans la collection des « Petits Vanneaux » et « Aimez-vous les escargots » une réédition d’un texte philosophique, humoristique et charmant, illustré par Ronald Searles. Gilbert Moreau, un ami, a publié dans sa revue des « Moments littéraires » son carnet écrit lors de ses 80 ans: « mourir »…

 

C’est grâce à André que mon premier roman a été publié par Hortense Chabrier chez Acropole. Mais soutenu par son ami et éminence grise Georges Belmont, le traducteur et ami d’Henri Miller, qui trouvait que j’étais un Henri Miller féminin! Bon, je n’ai pas de « cabane » à Big Sur, mais ma petite grotte rue Teulère…On y vient pour mon sourire paraît-il! Et mon sourire est nourri des affections que j’ai reçues.

 

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