Lecture des carnets de Shirley Goldfarb

rouge dans cadre

Bonheur de la présence de Caroline, ma fille qui a fait le voyage pour nous lire des extraits du journal de Shirley, lecture suivie d’extraits du livre de Michel Butor, « octogénaire » lus par Jacques Pater, notre adorable voisin de la rue du soleil et grand ami de Gérard Mordillat!
Je reçois coup sur coup, ma photo en noir, tribut à Shirley en quelque sorte et des photocopies des fiches de débarquement de la famille Loeb qui a pu s’embarquer sur le dernier bateau pour Cuba et échapper de la sorte à l’extermination! J’avance dans ma lecture de Philippe Roth, « Pastorale américaine » Prix du meilleur livre étranger 2000, je me dis que mon cher André qui a créé le prix, était sans doute encore président du jury! Je suis fascinée par le livre! La porte de la galerie est ouverte sur la rue ensoleillée. J’aime regarder les passants. Je reçois un mot de Sanda Voïca. Nous avons oublié son tréma sur le i! Erreur corrigée dans l’après-midi avec Pauline. Pauline qui doit aussi mettre en ligne son petit tournage de la soirée. Je me demande quand et comment les parents de Gregory et de Shirley ont aussi débarqué à Ellis Island… J’ai une petite polémique au sujet de Heidegger avec un poète! « Petite » mais GRAVE!  L’émotion est là, et les fumées des fours crématoires m’atteignent encore! Elles se lèvent entre les pages des livres, des témoignages, et même avec ces documents scanés qui se glissent en illustration de mes mails; Lambert Schlechter, mon adorable ami et grand poète et philosophe, arrive dans quelques jours! Je sais que pour lui aussi et encore, les fours fument et qu’il n’est pas question de perdre la mémoire! Shirley est encore dans son tout petit atelier pour mettre patiemment avec obstination des touches de jaune sur une toile de 2 mètres de long, pour témoigner pour le soleil, et Grégory est à sa table minuscule qui porte quand même sa feuille format raisin, pour rassembler au fil de sa plume sergent major les limailles de la beauté qui s’organisent comme la poussière… Au loin, (pas si loin que ça) Jean Paul Klée s’obstine dans son chant continuel, pour l’amour et pour l’amitié, depuis que son père philosophe a disparu :

 » A cause d’eux nülle  vie sauf qu’ici j’écrivis de la poésie & mon amour embrassera le monde entier je biserai les pelouses maisons les animaux fleurs d’orchidées les paquebots d’Argentine forêts farfelües bétail des prairies & aussi la main de ma mère à présent elle est âgée de 83 ansées Jamais elle ne s’est remise l’assassinat qu’on fit à mon père Lucien-Raymond Klée il n’a pas disparu Par les fumées traversées il est retombé parmi les prairies fleuries & les arbres moussües de la forêt les jolis cavaliers la rivière apeurée qui sous les graminées doucement luit!..; L’horreur n’a plus de nom elle est retournée dans les manuscrits nül ne pourra l’expliquer?…

Vive le tréma et vive le pollen et vive le printemps dans la bonne ville de Bordeaux!
J’écoute la poésie!

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