Terre à ciel : Hommage à Pierre Garnier – Poèmes choisis par Mathieu Gosztola

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Pour rendre hommage à Pierre Garnier, décédé le 1er février 2014 à l’âge de 86 ans, Matthieu Gosztola a choisi ces poèmes…

Extrait de Une chronique de la nature civilisée (Editions des Vanneaux, 2009)

___

le livre de vocabulaire est beau
quand on l’ouvre on voit des plantes,
des fleurs, des bicyclettes et des locomotives
qui sont les inventions des planètes,
des eaux et des hommes.

les pages restent accrochées aux yeux.

les tunnels sont des vallées mystérieuses
comme l’intérieur de la Terre :
d’anciens coquillages qui ont été et la vie
et la mort.

Extrait de Adolescence (Editions des Vanneaux, 2008)

___

Te diviser entre le miroir et la fenêtre
Te pénétrer
c’est aussi le désir d’aller
jusqu’au bout
de te diviser toute
tu es cette rivière
qui toujours s’allonge
sans se séparer de sa source…
j’ouvre ton sexe, c’est une huître,
je veux dire une mer en réduction
sensible
intelligente
avec des lèvres

Extrait de Heureux les oiseaux ils vont avec la lumière (Editions des Vanneaux, 2005)

___

la fatigue tombe enfin du corps
il neige
la fatigue est tombée

le cimetière est couvert de neige
en été ce sont des fleurs

les ailes des oiseaux et des anges sont des
croix –
les oiseaux entrent de partout ici

et la terre ouvre une bouche tendre

Extrait de Ce monde qui était deux (Editions des Vanneaux, 2006)

___

derrière la fenêtre de la chambre
il y a la fenêtre du pommier :
toutes deux laissent passer la lumière,
mais le pommier laisse passer une lumière
qui devient brindilles, fleurs, fruits

la grand-mère dit : « ce pommier a jeté l’ancre dans mon jardin ».

c’est une grande affaire que les peintres
au XIIIe siècle aient peint le ciel en or :
ils le voyaient ainsi, il était ainsi,
ce fut la Grande Révolution
avant 89, 17, ou la Commune

« Le Christ ou rien » vient de dire le Pape,
c’est ce que disaient la grand-mère et le canari d’or,
la roue de bicyclette et ses rayons –
le poète et le coq quand les châteaux flambaient

peut-être que le canari venait de ce ciel d’or,
peut-être descendait-il d’un rayon,

la nuit il se mettait en boule, remontait dans l’or du ciel,
était mêlé à
l’or
il suffisait de claquer des mains
pour qu’il se mette à chanter –
les grandes eaux alors couraient dans la salle,
la vieille souriait – le monde était un chant
clair et pur –
à une certaine distance des hommes
c’était la beauté blanche et bleue du liseron

Extrait de Ornithopoésie (Editions des Vanneaux, 2007)

___

une sauterelle saute sous mes pas :

ne porte-t-elle pas, elle aussi,
plus loin le monde ?

l’enfant joue à la marelle.

cimes ces jeux
(si) beaux quand ils commencent à se charger
de neige
et que l’enfant demeure stupéfait
de jouer avec le ciel et la montagne.

le soleil est toujours au bord de cette côte
il ne la quitte pas même la nuit :

le matin la mer se lève
et fait du port une lampe.

les mandarines allumées.
la famille restait autour de la table
avec devant elle ces petits soleils
vieux et près de s’éteindre
comme ce serait plus tard dans l’univers.

C’est ainsi qu’à Noël nous attendions
la fin du jour.

Extrait de La vie est un songe (Editions des Vanneaux, 2008)

___

l’enfant regarde le papillon,
il a la forme d’une croix, il vole,
c’est le Christ,
on le voit à son vol alterné

« le Christ quitte sa croix » crie l’enfant
qui regarde le papillon sortir de sa chrysalide

le Christ sur la croix se défait,
une sève coule le long des bois,
les épaules deviennent des ailes,
il se disperse jusqu’aux limites,
il se rassemble, c’est un point –

Extrait de Les Devises (Editions des Vanneaux, 2008)

___

ombre au-dessus
de la mer
clarté sous l’eau

le Poète
conçoit le
clair de lune

[…]

le Poème,
le monde,
ont une plus
belle lumière
que le Soleil

ici, dans le
Poème,
la lumière du Jour
est la même que
celle de la Nuit

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Terre à ciel : Matthieu Gosztola – Extraits de Maisons

matthieu-gosztola

Maisons.

Nous construirons des maisons. Nous
construirons des maisons comme des corps.

Les maisons seront nos corps. Il y aura le dehors.
Il y aura le dedans. Le dedans du corps sera l’exact

prolongement de l’intérieur des maisons. On se sentira
à l’abri, loin de la cohue, loin du tumulte, loin de l’incessant

ballet du visible sur lequel on n’a que très peu de prise,
ou pas de prise du tout. On sera dans un univers

que l’on pourra maîtriser. On saura à quoi s’attendre.
On sera dans le contrôle. On sera loin du danger

que représente le dehors, du danger que représente
l’imprévisible avec lequel le dehors se confond

ontologiquement. On sera dans le prévisible. On aura
choisi chaque aspect de l’intérieur. On sera dans l’intérieur

de nos maisons comme on sera dans l’intérieur de nos corps.
À ceci près que l’on ne choisit pas l’intérieur de nos corps.

On vivra l’intérieur de nos corps, un intérieur que l’on aura
choisi, et qui se tiendra à l’abri du déplacement aigu, douloureux,

en dehors de nous-mêmes et du délabrement, vécu, fantasmé,
visible ou invisible auquel nous contraint la maladie. Mais on

se fatiguera vite d’avoir tout prévu, d’être à ce point dans le
cocon des choses. On voudra que le cocon s’agrandisse

à un imprévisible qui ne soit pas douloureux, qui ne soit pas
cahots brusques de l’existence, d’une existence qu’on n’aurait

pas choisie. Alors, dedans l’intérieur de nos maisons,
on construira des chambres. Des chambres avec des portes.

On fera les chambres pour faire apparaître l’amant, l’amante.
On fera les chambres car la chambre appelle l’amant, l’amante.

On fera une porte pour que la chambre ne soit pas toujours
ce qui est là. Il faudra non pas ouvrir la porte pour être

dans la chambre. Il faudra embrasser l’amant, l’amante.
On sera plusieurs, dans l’intérieur des murs de la maison

qui est l’intérieur de nos corps. On sera plusieurs, et alors
commencera l’aventure. On pourra vivre l’intérieur sans
un regard vers l’extérieur. On pourra être dans l’intimité

du dévoilement, dans l’intimité de ce qui se rejoint et
se découvre lié, relié. On sera alors en proie à la chute

au-dedans de soi d’un être qui tombe en soi-même et
se rattrape, au-dedans de lui-même, dans les bras

de l’autre. De l’autre qu’il a en soi et qu’il peut
en même temps voir dans la chambre,

à un souffle de lui. De l’autre qui reste là,
et que la chambre n’emprisonne pas.

N’empoisonne pas avec son réel limité.
N’empoisonne pas son infini, l’infini

avec lequel il se confond au point que l’infini
puisse le résumer, sans mensonge, sans une faute

qui soit ce qui masque. De l’autre que la chambre
rend libre d’une liberté inouïe qui ne peut que se

découvrir entre des murs, entre des bras,
dans une immobilité presque qui est celle,

toute parcourue des frémissements de feuille
tremblant dans l’arbre, de l’étreinte. Liberté

de ce qui semble emprisonné dans un cœur,
dans un regard. Liberté inouïe de ce qui

ne peut être libre qu’ainsi contraint,
emprisonné, ravi à soi-même pour

mieux être rendu à l’immensité
contenue en soi, au grand souffle

d’air de l’infini qui envoie
tout valser sur son passage

et qui ne laisse vive que
la couleur des yeux

de l’amant, l’amante.
La chambre devient

le lieu fermé qui permet
aux corps de s’envoler, d’être

dans une absolue liberté au sein
de laquelle le temps n’a plus aucune

prise. Au sein de laquelle le temps est
l’inopportun, se découvre, se sait tel,

en prend acte,
et s’envole.

Liberté de ce qui n’en finit
pas de tournoyer et se découvre rétif

aux lois de la pesanteur. Se découvre rétif
aux lois de la douleur, aux lois de ce qui n’est

pas pur et intense acquiescement. Liberté
de ce qui se suffit à soi-même, faisant corps

avec l’instant comme s’il n’existait rien d’autre que lui.
Et il n’existe rien d’autre que lui. On construira des

maisons pour que l’amant, l’amante puissent être
protégés du dehors, pour qu’ils puissent être loin

de ce qui casse, pour qu’il y ait des chambres
où l’on puisse les retrouver. On construira

des maisons pour dire notre amour
au frêle de l’être, au frêle éphémère

qui rend, par comparaison, toute
architecture d’acier plus fragile encore,

eu égard à la force extrême de ce frêle
qui contraint toutes les certitudes à mourir.

*
**

Note : Ce texte a paru sous une forme très différente dans le second numéro de la revue Première ligne.

Informations concernant cette revue :

Date de création : 2012
Editeur : Éditions des Vanneaux
Adresse : Éditions des Vanneaux
8 rue Teulère – 33000 Bordeaux

Tél : 09 66 95 26 80
Courriel : odartchenkocecile@gmail.com

Hommage à Pierre Garnier : entretien avec l’éditrice de ses Œuvres complètes, Cécile Odartchenko, par Matthieu Gosztola

– Matthieu Gosztola : Ta maison d’éditions est consubstantiellement reliée à l’œuvre de Pierre Garnier : tu es notamment l’éditrice de ses Œuvres complètes. J’aimerais que nous revenions, pour ouvrir cet entretien, à la « première fois » : comment s’est opérée la rencontre avec son écriture ? 

– Cécile Odartchenko : Tu me demandes de te parler de la « première fois » ! J’ai rencontré Pierre en 2005, l’année de la création des éditions des Vanneaux, grâce à Jean Louis Rambour, que je voyais souvent dans nos réunions d’écrivains en Picardie, association créée par Roger Wallet. C’est avec l’aide de Roger Wallet que j’ai pu éditer les premiers livres des Vanneaux (trois) : celui de mon frère Paul Fleury, celui de Roger Wallet et celui de Jean Louis Rambour. La découverte de la poésie de Pierre grâce au premier recueil qu’il m’a confié : Heureux les oiseaux, ils vont avec la lumière a été une révélation, comme un coup de foudre, je suis tombée en amour ! Un amour qui a duré toutes ces années de travail pour la poésie, sous son aile protectrice ! Je faisais beaucoup d’ateliers d’écriture à l’époque, et immédiatement je me suis mise à lire sa poésie aux enfants et à faire des ateliers spatialistes. Je suis venue en parler avec Pierre, qui me recevait au début dans sa cuisine. Ilse passait, me saluait avec gentillesse mais s’éclipsait : elle avait sans doute compris très vite que j’avais une relation particulière avec Pierre, une relation exclusive. Nous parlions tous les deux très vivement, et Pierre très vite a voulu lire ce que j’écrivais aussi et en particulier le Nerval. Puis Chardonneret que j’ai donné à publier à Roger Wallet (qui me l’a demandé). Pierre m’a écrit de très belles lettres au sujet de mon écriture, et a voulu écrire la préface de Chardonneret

– Matthieu Gosztola : Tu as consacré un volume de ta collection « Présence de la poésie » à l’œuvre de Pierre Garnier. De ce volume sourd et une compréhension profonde de l’œuvre et une affinité avec celle-ci. Peux-tu revenir sur l’élaboration de ce volume…

– Cécile Odartchenko : Pierre a eu tout de suite une relation avec moi de poète à poète. Si bien qu’il m’a lui-même demandé d’écrire la préface de son livre dans la collection « Présence de la poésie ». Le titre de la collection, c’est lui qui l’a trouvé. Je n’étais pas universitaire et j’étais très intimidée à l’idée d’écrire cette préface, mais il a insisté. Alors j’y pensais la nuit, et très tôt le matin, les idées se mettaient en place et j’écrivais quelques pages. Puis vers dix heures, je téléphonais à Pierre et je lui lisais ces pages. Il les aimait beaucoup ! Ce texte n’a pratiquement pas été corrigé. Il est venu très naturellement comme dans une sorte de transe et j’en ai été très heureuse, comme on peut se sentir heureux en faisant l’amour ! J’avais l’impression de faire l’amour avec Pierre. Je crois que c’est ce que nous faisions d’une certaine façon ! Puis il y a eu l’idée de faire un autre petit livre dans la collection « Vanneaux », et ce fut Ce monde qui était deux… Là j’ai ressenti le besoin d’écrire un poème que j’ai fait lire à Pierre qui a tenu à ce que le poème paraisse en introduction du livre. C’est Pierre qui a insisté pour cela ! Je crois que Pierre a été durant toute sa vie incroyablement attentif aux autres et à la moindre manifestation de la poésie, de la créativité. Il aimait les femmes aussi, tout en aimant fidèlement Ilse, mais Pierre pouvait en prendre d’autres dans ses bras. Sur les photos de lui et de moi qui sont reproduites dans Chardonneret et dans le livre des devises, il me tient dans ses bras. C’est ainsi que je me suis toujours sentie auprès de lui, « protégée »… C’était un amour fort et sublimé, il y en a eu un autre de cet ordre dans ma vie, l’amour/amitié que j’ai eu pendant quarante ans avec André Bay. Ces deux hommes, Pierre et André, étaient des pères, des frères, des amants virtuels… des piliers, pilotis (pilotes) sur lesquels je construisais ma cabane dans les arbres.  

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Extrait de Rencontre avec Lucian Freud, de Matthieu Gosztola

« poème en un acte » à paraître prochainement aux éditions des Vanneaux (15 euros ; adresse des éditions : 64 rue de la vallée de Crème, 60480 Montreuil-sur-Brèche).

“I use the people to invent my pictures with, and I can work more freely when they are there.”
« J’invente mes tableaux à partir des gens, et je travaille plus librement quand ils sont là. »
Lucian Freud

[…]

(Lucian Freud se lève lentement de sa chaise.)

pourtant le visage est bien
ce qui empêche le corps nu

de se cristalliser
dans son épiphanie

en tant que vérité de la forme
le rendant toujours incomplet

et comme brusqué
dans son défilement progressif

presque immobile
d’une mobilité d’astre

qui avoue
sa propre incapacité

à être autre chose
qu’un défilement de fortune

mouvements certains imperceptibles
entourant

le mouvement
de la respiration

le blanc du corps
que j’agrandis encore

est rideau jeté
sur le mouvement du sang

quand on regarde le corps
il faut le regarder longtemps

le regarder longtemps
jusqu’à

ce que le corps
devienne tout

tout
l’espace

tout ce qui contient
en même temps que tout

ce qui est
contenu

le corps
il faut le regarder longtemps

jusqu’à se rendre compte
que le corps n’est pas le corps

jusqu’à comprendre
que le corps contient

tout l’être
qui respire

tout de l’être
je veux dire tous les êtres

tout être pensant et respirant
et de presque invisibilité

dans les forêts et les marais
et les prairies je veux dire

dans tout ce qui est chantant
et respirant de vent et de brume
mêlée à la suspension
des regards effacés
qui sont un jour
un seul jour
venus

alors avec mes pinceaux
avec mes couleurs

ébouillantées dans mon désir
d’un tableau qui soit vrai

avec mes pinceaux rayés de couleurs
sèches

avec mes tableaux jamais achevés
au point de faire qu’il n’y ait

plus de tableau
je dis une seule chose

avec mes corps nus
mes corps loin du désir

de son mensonge qui aplanit
les viscères

la géographie des viscères
chantante écoutez

jusque dans les plis
et replis de la beauté

et de blancheur
presque cadavre

avec mes corps nus
mes corps près du désir

de sa vérité qui advient
même au plus intime

du pli qui n’est pas convenu
de la maladresse

même au plus bref
du basculement

dans la maladresse
de tout ce qui est visible

et est à chanter
avec l’effleurement des doigts

et des paumes aussi sensibles
qu’un visage avec son regard

je dis une seule chose :

(Freud se met lentement, précautionneusement à genoux.
La lumière baisse d’un coup.
Au fur et à mesure de la longue énumération, elle baissera encore progressivement, jusqu’à s’éteindre tout à fait, avant, bien avant que l’énumération soit terminée.)

Anguille je me colle à toi
Lucane cerf-volant je me colle à toi
Hamster je me colle à toi
Condylure je me colle à toi
Makaire je me colle à toi
Chirurgien bleu je me colle à toi
Brochet je me colle à toi
Girafe je me colle à toi
Merlan je me colle à toi
Chien viverrin je me colle à toi
Mandrill je me colle à toi
Coendou je me colle à toi
Loutre je me colle à toi
Poisson perroquet royal je me colle à toi
Carpe je me colle à toi
Écureuil géant de l’Inde je me colle à toi
Chèvre je me colle à toi
Gibbon je me colle à toi
Écureuil noir je me colle à toi
Poisson roseau je me colle à toi
Chinchilla je me colle à toi
Bonite je me colle à toi
Marmotte je me colle à toi
Congre je me colle à toi
Lamproie je me colle à toi
Cœlacanthe je me colle à toi
Espadon je me colle à toi
Loup d’Abyssinie je me colle à toi
Piranha je me colle à toi
Chien des prairies je me colle à toi
Gnou je me colle à toi
Écureuil roux je me colle à toi
Markhor je me colle à toi
Guépard je me colle à toi
Hamster doré je me colle à toi
Maskinongé je me colle à toi
Loup commun je me colle à toi
Coati je me colle à toi
Esturgeon je me colle à toi
Grand barracuda je me colle à toi
Poisson ange empereur je me colle à toi
Loche-clown je me colle à toi
Guanaco je me colle à toi
Requin bouledogue je me colle à toi
Saumon nerka je me colle à toi
Goral je me colle à toi
Tétra empereur je me colle à toi
Plie je me colle à toi
Grenouille léopard je me colle à toi
Vairon je me colle à toi
Margay je me colle à toi
Grizzli je me colle à toi
Axolotl je me colle à toi
Cécilie je me colle à toi
Raie léopard je me colle à toi
Carcajou je me colle à toi
Requin mako je me colle à toi
Ouaouaron je me colle à toi
Petite sirène je me colle à toi
Bufo géant je me colle à toi
Pipa je me colle à toi
Rainette je me colle à toi
Poisson-clown je me colle à toi
Chacal doré je me colle à toi
Salamandre je me colle à toi
Bélouga je me colle à toi
Capybara je me colle à toi

Terre à ciel : Portrait de Cécile Odartchenko par Mathieu Gosztola


Cécile Odartchenko voue sa vie à la littérature, et au courant du désir qui en est, pour elle, l’assise secrète, à jamais changeante, à jamais recommencée. Ceci en éditant de la poésie. Ceci d’abord en étant auteure. Alors, quoi d’autre que les livres qu’elle a écrits, et dont certains sont épuisés, pour parler d’elle, pour reconstituer la mosaïque de son être même ? Nous trouverons ainsi, dans l’ordre de leur parution, quelques extraits pouvant donner le la de sa voix.
Mais d’abord, écoutons-la, cette voix, dans son quotidien, au détour d’un entretien, apprivoisons son timbre.

1. Entretien : « Je peux regarder pousser une plante sous mes yeux, […] jour après jour, et être complètement concernée ».

— D’où te vient le désir de publier (rappelons que tu t’occupes des Éditions des Vanneaux) ? 

— J’écrivais des textes, des poèmes, des haïkus et je les éditais avec mon ordinateur (comme Laurent Albarracin avec Le Cadran ligné) : j’offrais ainsi des textes à mes amis et à la famille pour les fêtes, pour Noël, parfois je pensais à faire mieux et l’idée s’est concrétisée quand mon frère m’a demandé de lui faire un recueil…J’ai pensé qu’il méritait mieux que l’ordinateur, j’ai conçu une maquette qui a plu immédiatement, j’étais entourée de poètes en Picardie, ils m’ont tout de suite donné des textes, des recueils à faire et ça a démarré très très vite…

— En quoi le désir de publier s’enracine-t-il dans ta relation au père ?

— Mon père était poète. Il est encore mal connu bien qu’il soit lu en Russie maintenant mais pas encore traduit. J’ai une dette envers lui, une dette qui s’est pro….pagée….

— Peux-tu nous parler de ton père et de l’importance, extrême, qu’il a eue pour toi ?

— J’ai eu une enfance triste, très seule, pendant douze ans, reléguée, n’allant pas à l’école, pas d’enfants, pas d’amis… mais lectures intensives de nuit comme de jour… Mon père est venu me voir une seule fois, mais cette fois a compté pour la VIE… Il m’a donné la VIE et avec lui, la poésie qui passait par lui.

— Tu es d’abord auteure. Le désir de publier et le désir d’écrire marchent-ils main dans la main ?

— Pas toujours ! D’abord, la plupart des poètes ou écrivains pensent qu’on ne peut pas faire les deux et que si on est éditeur c’est qu’on est mauvais écrivain…Tous ne pensent pas cela…par exemple Pierre Garnier est très attentif à ce que j’écris, Pierre Dhainaut aussi…Et en réalité, ma difficulté à trouver un éditeur qui me ferait connaître c’est-à-dire qui m’accueillerait globalement (avec mes livres épuisés à rééditer), est peut-être un bien… J’ai peu de visibilité donc je n’écris que ce qui est vraiment nécessaire… (pour moi !)

— Le désir de publier et le désir de lire sont-ils intrinsèquement liés ?

— Le désir d’écrire et de lire sont liés, oui : quand je suis motivée par l’écriture, je lis beaucoup….

— Publier, est-ce d’abord et avant tout une question de désir ? Une inflexion du désir de vivre, qui est un désir de découverte, de partage, un désir de mots et de monde ?

— À la place de « publier », je mets « écrire »… C’est un besoin qui répond à une levée du levain dans le corps et dans l’esprit et qui est directement en prise sur le désir… Le ruissellement ne peut pas être contenu… quel qu’il soit…

— Que cherches-tu en premier, lorsque tu ouvres un manuscrit ? Toucher le grain d’une voix singulière qui vient te toucher ? Être emporté dans un voyage ? En somme : le connu ou l’arrachement à soi ? Cherches-tu tout autre chose ?

— Un manuscrit, c’est différent d’un livre… Quand c’est un livre je sais ce que je vais y chercher… Un manuscrit je ne sais pas et souvent cela me terrifie… Peut-être parce qu’il y en a vraiment trop qui sont mauvais, et qui me tombent des mains… je m’aperçois que ça m’intéresse quand je me surprends à le lire et que je suis en train de lire depuis une heure ou deux… ça arrive ! Et si ça me plaît c’est que c’est une VOIX nouvelle! Ce n’est pas forcément comme tu dis un « arrachement à moi »… je suis éditrice, je considère que je dois « servir » la poésie… Je ne peux pas TOUT éditer, mais j’aime penser que mes auteurs sont de qualité…

— Ton écriture est toute parcourue, jusqu’en sa surface la plus immédiate, du frémissement des nappes phréatiques, qui s’enchevêtrent constamment, du sensible. Frémissement qui est un frisson délicieux d’échine, et non un frisson de froid. Pour toi, écrire et vivre, vivre dans le sens d’être ardemment au monde, sont-ce une seule et même chose ?

— Oui, tout à fait !

— L’entrelacs végétal de tes phrases communique au lecteur l’ardeur de vivre, l’ardeur de connaître et de ressentir, mais également le chatoiement moiré des sons, l’envolée retenue de la musique. En quoi ton écriture a-t-elle partie liée à la musique ? Écoutes-tu de la musique lorsque tu écris ou la seule musique de la langue te suffit-elle, silences et cascade diamantée des syllabes s’entrelaçant sans cesse, par la façon que tu as de cisailler la phrase au moyen des virgules ?

— Je n’écoute pas de musique en écrivant… j’y suis même allergique… la musique m’empêcherait d’entendre la mienne… Elle (la musique) pourrait détourner mes ruissellements de leur cours… Je suis très sensible à la musique de la poésie de Pouchkine que j’ai beaucoup entendue petite…il y a un rapport très fort de sa poésie avec le courant… Une image me vient souvent à l’esprit, les nuits de bacchanales paysannes au bord de l’eau, dans les contes russes, des rivières avec des barques, des couronnes, des poupées, tout ça mêlé avec les eaux, et descendant le courant…

— Peux-tu nous parler de ta passion pour Nerval ? En quoi alimente-t-elle, depuis toujours (feu pas si secret que ça), ton écriture ?

— J’ai été nommée « Reine de Saba » par mon père très tôt, adolescente j’ai reçu en cadeau le livre de Gérard de Nerval, Balkis, Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies… J’étais déjà identifiée, par mon père, ensuite en avançant dans la lecture de Nerval, les filles du feu m’ont tenu compagnie, chacune avec une coloration différente : Angélique m’a mise sur les chemins de la guerre avec les femmes, avec ma mère ; Sylvie m’a fait retourner des émotions et des paysages subtils, une atmosphère à la Corot que j’ai retrouvée en Picardie (où mes parents ont eu une maison avant que j’aie la mienne) et Aurélia m’a été proche par la folie que j’ai côtoyée de très près malheureusement…

— Quelles sont les autres figures les plus marquantes pour toi ? As-tu le sentiment qu’elles vivent avec toi, auprès de toi, partages-tu ce sentiment qui était, notamment, celui de Léon-Paul Fargue alors qu’il évoquait les auteurs morts qu’il avait aimés, et qu’il continuait d’aimer malgré la mort ?

— Oui, bien sûr, certains auteurs vivent en moi, et d’ailleurs je suis prête à les rassembler pour les relire maintenant entièrement… Ça va être une bibliothèque en fait… mais comme je projette une année sabbatique, je pense que je vais la prendre avec mes « amis » autour de moi… Et sans doute dans une île… Qu’emportez-vous sur l’île déserte ? Dans mon cas c’est un grand « paquet »!

— Tu as consacré un « Présence de la poésie » à Pierre Garnier (Pierre Garnier, Éditions des Vanneaux, 2007, 257 p.). Peux-tu nous parler de cet auteur, de l’importance qu’il a pour toi ?

— J’ai tout de suite aimé énormément la poésie de Pierre Garnier (le premier recueil édité par moi : Heureux les oiseaux, ils vont avec la lumière), et en allant, j’ai tout aimé, je me sens très proche de lui, à cause de l’enfance, de l’érotisme aussi (Adolescence) et du spatialisme… Moi aussi j’ai besoin de recréer l’unité… Lui c’est sur les ruines de la dernière guerre mondiale, moi c’est sur d’autres ruines…

— Tu as pratiqué énormément d’ateliers d’écriture. Cette pratique a-t-elle nourri ton écriture au point de la changer ?

— Non, mais j’ai toujours été bouleversée par des enfants maltraités (je l’ai été) qui s’épanouissaient en prenant le chemin des étoiles… parfois guidés par Pierre Garnier (sa poésie) ; j’ai fait aussi cette expérience en prison (maison d’arrêt de Beauvais). Ce qu’il y a de magique avec la poésie de Pierre Garnier c’est le support spatialiste, le presque rien, qui permet aux êtres d’avancer sans crainte, ils ne se sentent pas écrasés par une culture qui les dépasserait…C’est extrêmement important…

— Quels sont les liens entre cette pratique et ton métier d’éditrice ? Quels sont les liens entre cette pratique et ton métier d’écrire, qui est le métier de vivre ?

— Personne ne peut vivre sans amour… Et moi j’en ai eu très besoin… Mon cercle de poètes, c’est le cercle, (ronde) qui m’entoure, me protège, me tient par la main, danse avec moi… Je ne pourrais pas m’en passer…

— Tu as traduit de l’anglais avec Nicholas Mandelbaum des poèmes de Michael Curtis (voir Taking shape, selected poems, 1984-2005, Beuvry, Maison de la poésie Nord-Pas-de-Calais, 2006, 179 p.). Peux-tu nous parler de l’origine de ce projet ? Traduire, est-ce réunir dans la même pièce le désir d’écrire et le désir d’offrir l’hospitalité à un texte qui vient d’ailleurs, en somme ton métier d’auteure et ton métier d’éditrice ?

— J’ai beaucoup traduit dans une autre vie… Pour Nathan, pour Stock… J’ai gagné ma vie avec la traduction avant de devenir éditrice… Mais je me sens plus légère et plus libre avec le métier d’aujourd’hui… C’est très long et lourd de traduire surtout si c’est un très grand auteur comme Platonov dont j’aurais dû traduire les œuvres complètes… Si cela s’était réalisé, je serais encore à l’ouvrage….

— Tu as consacré un livre à Claudel (Lecture de Claudel, Berthecourt, G & g, 1998, 33 p.). En quoi cet auteur t’a-t-il influencé durablement, dans la façon qu’il a notamment d’être tout écoute, avec l’œil, face au monde, face à son déhanché incessant dans son cours inéluctable et merveilleux (tout parcouru des menus magnifiques de la vie), par le foisonnement des détails changeant constamment du visible, du visible et de l’invisible mêlés ?

— J’admire le Claudel jeune, le Claudel en Chine et au Japon… Ses pièces de théâtre, ses proses, (Connaissance de l’Est) et sa langue faite de pierres et de terre… Qu’Alain Cuny ait interprété ses pièces avec sa voix très rocailleuse, je trouve que c’est hallucinant…

— Comment naît en toi l’idée d’un livre ?

— Il doit y avoir gestation sans que je le sache vraiment, je sens parfois que je suis « enceinte » et que « ça » pousse… et puis un jour « ça » se met à dévaler sur la page blanche… et j’en suis la première étonnée….

— Quand tu es plongée dans le processus de l’écriture, à quel moment sais-tu qu’un livre est achevé ?

— C’est lui qui me le dit.


— La phrase naît-elle sur le papier ou naît-elle d’abord dans ton esprit, le papier n’étant qu’une forme d’accouchement qui fait suite à la lente maturation ayant lieu dans le lieu sans lieu de la conscience et de l’inconscient ?

— Je viens de répondre à cette question… la phrase naît sur le papier et elle est « juste » d’emblée… je rature très peu….

— Il y a chez toi, très présent, un érotisme du sensible. Sensible de la vie, de la nature, mais également sensible de l’art, et en premier lieu de la peinture. Cet érotisme, que tu éprouves, pour ce qui est de l’art, par le regard, cet érotisme que tu vis avec les petits mains du regard, est-il manière de feu pour ta vie et pour ton écriture, les deux étant inextricablement (d’un même élan, d’un même envol) liées – reliées ?

— L’art, oui, et la peinture, mais même un pot dans un musée ont provoqué chez moi de grandes émotions, de véritables orgasmes, au point de me coucher par terre (Scuola San Rocco), je suis très bouleversée par ce que je vois… Je peux regarder pousser une plante sous mes yeux, (dans un pot) jour après jour, et être complètement concernée… Mon écriture est aussi une liane, un chèvrefeuille, une fleur de la passion….

— L’écriture est-elle ontologiquement (même la plus chaste) érotisme ?

— L’écriture (la mienne) n’a rien de chaste… même si j’écris en état de « chasteté » complète… (je veux dire si je n’ai pas d’amant pendant une période prolongée) mais elle n’est pas chaste pour autant… Il n’y a pas que le vagin… on voit et jouit par le regard, par tous les pores, par la main et le souffle…

— Tu es, pour ceux qui te connaissent, c’est ce qui apparaît immédiatement, un être passionné, conduit, guidé par la passion, par cette passion qui est d’abord une façon d’être de plain-pied, pleinement, jour après jour, à chaque instant, dans l’amour, et donc dans la vie, dans la façon qu’a la vie de pouvoir être vraiment vue, entendue, par l’amour. Est-ce la passion qui t’a conduit à être éditrice ?

— Oui, j’éprouve tous les jours l’amour entretenu par mes soins…. Des petits feux de la Saint Jean (chaque livre) qui brillent dans la nuit ; je saute par-dessus, les tas (de livres) sont de plus en plus hauts… je saute encore…

— Est-ce la passion qui t’a conduit à écrire ? Qui continue à te conduire dans l’écriture ? Conduire devant être pris dans le sens également de conducteur, le courant étant, ici, proprement le prince ?

— Mais oui, mais oui, conducteur comme le cordon de poudre qui va mettre le feu et soulever la montagne ?

— Les références marchent abondamment ensemble, dans ton écriture, ballets d’êtres que tu convoques sur la scène de l’écriture, des êtres qui sont à la fois des artistes, quels qu’ils soient, mais aussi des œuvres d’art, quelles qu’elles soient, puisque parlant d’une œuvre, tu le fais d’une telle manière que c’est soudain son être même qui paraît sous nos yeux, et frémit, son être qui montre à quel point l’œuvre n’est jamais factualité mais toujours cœur qui bat sous l’apparence de l’immobilité, vie qui palpite sous l’apparence de la non-vie ? Vie d’abord, bien sûr, parce que l’œuvre est l’exhalaison du ressenti de l’artiste, portant la trace de cette primitivité du ressenti, et faisant naître un ressenti nouveau, étant entièrement, plongeant ses racines dans l’intériorité de l’être qui la regarde, qui la soupèse avec sa vie, émotion ; plongeant ses racines dans l’être qui choisit de risquer sa vie, rien de moins, face à elle, avec elle, en donnant à son attente de toutes choses l’occasion –la possibilité – de l’inattendu, de l’embrasement perpétuel et sans retour de l’inattendu ; plongeant en lui ses racines jusqu’au-dedans du ventre, par ses yeux ou ses oreilles. Ce ballet des émotions qui se dresse quand on tourne les pages – notamment – de ton dernier livre (Gelsomina, « diptyque », Manosque, Propos 2 éditions, collection Propos à demi, 2012, 165 p., 15 euros) est-il aussi façon de tendre la main au lecteur pour qu’il puisse faire le voyage jusqu’aux êtres que tu restitues à leur intense audace d’exister ? En somme, s’agit-il également de donner au lecteur le désir de se confronter directement aux œuvres que tu restitues, pleinement, à leur présence ?

— Cher Matthieu, il me suffit de quelques-uns, comme toi, me disant des choses si sensibles et me tendant la main, pour que je sois pleinement heureuse… J’avais donc « balbutié » moi aussi quelques choses qui m’ont valu une si belle écoute ?

Écrire avec le génocide : dialogue entre Nicolas Grégoire et Matthieu Gosztola.

Matthieu Gosztola [2.05.13] : Tu vis au Rwanda. Comment va Kigali, aujourd’hui ? Comment ça va avec la douleur (pour reprendre le titre d’un – beau – film de Raymond Depardon) ?

— Nicolas Grégoire : C’est avec la semaine de deuil (du 7 au 14 avril) encore fortement en tête que je ne peux que répondre. Pendant cette semaine, toute activité de loisir est interdite, on passe des chansons parlant du génocide à la radio, à la télévision. Les gens doivent se rendre à des débats organisés par les autorités locales dans les secteurs. Obligatoirement donc, les gens revivent, les rescapés comme les génocidaires, les évènements. Des attentats à la grenade ont lieu parfois, des enfants de génocidaires menacent de venger leurs parents en prison et mettent leur menace à exécution.  Une rescapée me disait qu’elle préférait qu’on libère les génocidaires pour ne plus avoir peur de la vengeance de la famille. […] Ce que je te décris c’est un peu la couleur de fond, très nuancée, du pays et dessus c’est très vif. Ce sont des sourires, des collines à perte de vue, des amitiés lentes, des personnes qui se battent vraiment pour développer le pays. Avant-hier, je voyais des musiciens se battre vivement pour se faire entendre. À la dernière minute, on les a privés de salle mais ils ont trouvé où jouer ailleurs et les gens étaient toujours là pour les voir.
[2.08.13] La douleur… Il y a une question que je me pose d’un coup en relançant l’échange : c’est comment écrire, ou pourquoi écrire (je ne sais vraiment pas quelle question poser) sur/dans/au Rwanda ? Ce pays est malheureusement connu pour le génocide qui y a eu lieu. En 94, je n’avais que 8 ans et l’une des seules images que je garde ce sont les portraits des dix casques bleus belges morts à Kigali qui défilent à la télévision. C’était ce qu’on retenait des morts au Rwanda en Belgique. Très vite après, le gouvernement belge décide donc de retirer ses casques bleus. Belge au Rwanda, j’y suis maintenant depuis 5 ans. J’ai essayé de lire le plus d’ouvrages objectifs possibles sur le génocide. En étant ici, je me rends compte que ces livres nous laissent encore parfois très loin de ce pays, que ça nous pousse en dehors tout en nous y plongeant la tête violemment. Écrire donc à propos du génocide, je ne sais pas, j’ai l’impression qu’on est toujours trop à côté. Écrire à partir du génocide ? Ou plutôt écrire avec le génocide ? C’est inévitable dans un pays comme le Rwanda, mais c’est aussi quasi, voire, impossible car c’est un pays qui ne se laisse pas vivre facilement (mais je l’aime beaucoup pour cela aussi). Je me débrouille finalement qu’avec je et c’est toujours qu’avec ma part d’étranger que le Rwanda apparait dans mes textes.
Cette question, je n’y trouve pas de réponse, elle est là avec l’écriture c’est tout, mais tu te l’es posée aussi.   Lire la suite

Mathieu Gosztola

Docteur en littérature française, Matthieu Gosztola a obtenu en 2007 le Prix des découvreurs. Une vingtaine d’ouvrages parus, parmi lesquels Débris de tuer, Rwanda, 1994 (Atelier de l’agneau), Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin (Éditions de l’Atlantique), Matière à respirer (Création et Recherche). Ces ouvrages sont des recueils de poèmes, des ensembles d’aphorismes, des pièces de théâtre, des livres d’artistes, des proses, des essais. 

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