Livres de Pierre Garnier

 

    AdolescenceTa vulve

Son battement d’aile

   c’est sur un nid que je pose la main

il en sort un goût amer

des êtres inconnus

mais aussi des être connus

Pierre Garnier, Adolescence

12 euros Buy Now Button


La Forêt_P.Garnier

  C’est la terre, c’est la tête

dit l’enfant en caressant l’épi

il pense aussi:

l’école est aussi la forêt

Pierre Garnier, La forêt

avec les dessins du poète

30 eurosBuy Now Button


Pierre Garnier Présence

Pierre Garnier par Cécile Odartchenko   15 euros  Buy Now Button


photo 2 (4)

Pierre Garnier, Les Devises

rabutinons, rabutinons…

Minus Iris quam mea Bussy-Rabutin

Et les vieux rayonnaient sans l’écharpe d’IRIS (Nerval)

 

A Cécile Odartchenko, ces devises faites dans le cadre de son salon littéraire par correspondance, quand elle était en résidence au Château de Bussy-rabutin en Bourgogne de mai à juillet 2007.

Les devises sont des formes resserrées, essentielles, pour la vie sociale, sont les parentes de ces traits d’esprit, de ces éclairs, de ces pointes qui étaient les cimes des conversationsdes honnêtes hommes et des précieuses.

26 eurosBuy Now Button


La vie est un songe

Pierre Garnier, La vie est un songe

 

Alors que le vieil homme a quatre-vingts ans, sa vie

penche vers la terre, traverse à nouveau adolescence

et enfance, termine son arc

cette vie fut un songe. Titre emprunté à la célèbre

pièce de Calderon.

Buy Now Button 12 euros


Heureux les oiseaux, ils vont avec la lumièrePierre Garnier, Heureux les oiseaux ils vont avec la lumière,  10 eurosBuy Now Button


Ce monde qui était deux Pierre Garnier, Ce monde qui était deux   10 euros Buy Now Button


photo 1 (2)

Oeuvres Poétiques de Pierre Garnier : Poèmes, Prose, Dessins, Calligrammes 1950-2002

Trois tomes

Oeuvres poétiques 1

1950-1968

Poèmes choisis, proses, autres poèmes

Préface de Lucien Wasselin

798 pages

30 eurosBuy Now Button

« L’humanité depuis des millénaires travaille à charger les mots de vie. Les découvertes scientifiques, elles-mêmes, collaborent à cette oeuvre. Abeille signifie bien plus pour nous que pour les anciens. Les mots sont devenus si riches qu’ils peuvent vivre seuls.

Nous sommes sur la route d’une poésie objective, c’est à dire que nous nous dirigeons vers ce point idéal où le verbe se crée de lui-même. Autonomie de la langue.

Dans la poésie visuelle les mots regardent l’homme et l’homme leur rend leur regard. »

 

Oeuvres poétiques 2

1968-1988

Préface de Martial Lengellé

750 pages

30 eurosBuy Now Button

Le lyrisme, chez Pierre Garnier, prend un visage nouveau. Il est l’expression d’un moi sans frontières, pourrait-on dire, polyglotte, qui s’émerveille devant l’attraction universelle ou l’immaculée conception du monde. Il ne s’agit pas, pour le poète, de recourir à un quelconque discours religieux (même si les marques du religieux sont, en effet, présentes dans nombre de textes), mais d’évoquer, loin des dogmes précisément, la recherche du moi véritable -universel- qui, pour s’affranchir des limites de l’ego, doit idéalement se délivrer du langage pour y revenir.

Oeuvres poétiques 3

1979-2002

Préface de Claude Debon

1222 pages

35 eurosBuy Now Button

Nous voici arrivés, avec ce troisième volume des Oeuvres poétiques de Piere Garnier, à la période de la pleine maturité du poète. 1979-2002. Pendant cette vingtaine d’années, la fécondité de sa création ne faiblira pas. En 1989, le poète est dégagé de ses obligations professionnelles, ce qui laisse beaucoup de temps pour écrire. Chaque année verra la parution d’un, ou le plus souvent de deux, voire trois recueils.

A regarder seulement quelques titres de cette période, surtout à partir de 1992, il saute aux yeux que le temps et surtout l' »autre temps », le temps passé, est l’obsession de celui qui touche aux portes de la vieillesse. Le regard en arrière convoque une enfance heureuse malgré la guerre 1939-1940.

Dans ce troisième volume, les oeuvres  poétiques de Pierre Garnier montrent qu’il n’a nullement renoncé à spatialiser la langue ni à faire parler les figures. Il a trouvé les moyens de mettre en mouvement  et en rapport toujours renouvelé les mots et les images visuelles, laissant au lecteur la liberté de construire sa propre rêverie.

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Lettre de Pierre Garnier

lettre de Pierre

Pierre Garnier1113814490

à Cécile Odartchenko

8 rue Teulère – 33000 Bordeaux

Le 3 Novembre 2013

Chère Cécile, j’ai reçu ton courrier avec ta nouvelle galerie, Toi, au milieu de la nouvelle galerie, la rue, ton appartement, la beauté des pierres, la beauté de la rue, la beauté de tes fenêtres _ Toi, les livres, les tableaux, les œuvres de … _ bref, la vie nouvelle  – ce que j’admire, c’est ta possibilité de sauter d’une vie à une autre et de garder toujours le même, les mêmes objectifs, le même soleil, les mêmes soleils _ c’est formidable et je te souhaite tout ce nouveau clair à Bordeaux.

Ici, les 85 ans sont assez difficiles à passer, je ne bouge plus, enfin guère _ Je travaille toujours bien – surtout la poésie spatiale, j’arrive maintenant sur les sommets, c’est-à-dire sur les points (j’espère toujours qu’un jour tu publieras le 4ème tome des Oeuvres complètes).

Mon écriture devient (un peu) illisible _ Je te souhaite tout le bien, tout le beau pour ta nouvelle vie _ et je t’embrasse bien affectueusement,

                           Pierre

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Terre à ciel : Hommage à Pierre Garnier – Poèmes choisis par Mathieu Gosztola

1113814490

Pour rendre hommage à Pierre Garnier, décédé le 1er février 2014 à l’âge de 86 ans, Matthieu Gosztola a choisi ces poèmes…

Extrait de Une chronique de la nature civilisée (Editions des Vanneaux, 2009)

___

le livre de vocabulaire est beau
quand on l’ouvre on voit des plantes,
des fleurs, des bicyclettes et des locomotives
qui sont les inventions des planètes,
des eaux et des hommes.

les pages restent accrochées aux yeux.

les tunnels sont des vallées mystérieuses
comme l’intérieur de la Terre :
d’anciens coquillages qui ont été et la vie
et la mort.

Extrait de Adolescence (Editions des Vanneaux, 2008)

___

Te diviser entre le miroir et la fenêtre
Te pénétrer
c’est aussi le désir d’aller
jusqu’au bout
de te diviser toute
tu es cette rivière
qui toujours s’allonge
sans se séparer de sa source…
j’ouvre ton sexe, c’est une huître,
je veux dire une mer en réduction
sensible
intelligente
avec des lèvres

Extrait de Heureux les oiseaux ils vont avec la lumière (Editions des Vanneaux, 2005)

___

la fatigue tombe enfin du corps
il neige
la fatigue est tombée

le cimetière est couvert de neige
en été ce sont des fleurs

les ailes des oiseaux et des anges sont des
croix –
les oiseaux entrent de partout ici

et la terre ouvre une bouche tendre

Extrait de Ce monde qui était deux (Editions des Vanneaux, 2006)

___

derrière la fenêtre de la chambre
il y a la fenêtre du pommier :
toutes deux laissent passer la lumière,
mais le pommier laisse passer une lumière
qui devient brindilles, fleurs, fruits

la grand-mère dit : « ce pommier a jeté l’ancre dans mon jardin ».

c’est une grande affaire que les peintres
au XIIIe siècle aient peint le ciel en or :
ils le voyaient ainsi, il était ainsi,
ce fut la Grande Révolution
avant 89, 17, ou la Commune

« Le Christ ou rien » vient de dire le Pape,
c’est ce que disaient la grand-mère et le canari d’or,
la roue de bicyclette et ses rayons –
le poète et le coq quand les châteaux flambaient

peut-être que le canari venait de ce ciel d’or,
peut-être descendait-il d’un rayon,

la nuit il se mettait en boule, remontait dans l’or du ciel,
était mêlé à
l’or
il suffisait de claquer des mains
pour qu’il se mette à chanter –
les grandes eaux alors couraient dans la salle,
la vieille souriait – le monde était un chant
clair et pur –
à une certaine distance des hommes
c’était la beauté blanche et bleue du liseron

Extrait de Ornithopoésie (Editions des Vanneaux, 2007)

___

une sauterelle saute sous mes pas :

ne porte-t-elle pas, elle aussi,
plus loin le monde ?

l’enfant joue à la marelle.

cimes ces jeux
(si) beaux quand ils commencent à se charger
de neige
et que l’enfant demeure stupéfait
de jouer avec le ciel et la montagne.

le soleil est toujours au bord de cette côte
il ne la quitte pas même la nuit :

le matin la mer se lève
et fait du port une lampe.

les mandarines allumées.
la famille restait autour de la table
avec devant elle ces petits soleils
vieux et près de s’éteindre
comme ce serait plus tard dans l’univers.

C’est ainsi qu’à Noël nous attendions
la fin du jour.

Extrait de La vie est un songe (Editions des Vanneaux, 2008)

___

l’enfant regarde le papillon,
il a la forme d’une croix, il vole,
c’est le Christ,
on le voit à son vol alterné

« le Christ quitte sa croix » crie l’enfant
qui regarde le papillon sortir de sa chrysalide

le Christ sur la croix se défait,
une sève coule le long des bois,
les épaules deviennent des ailes,
il se disperse jusqu’aux limites,
il se rassemble, c’est un point –

Extrait de Les Devises (Editions des Vanneaux, 2008)

___

ombre au-dessus
de la mer
clarté sous l’eau

le Poète
conçoit le
clair de lune

[…]

le Poème,
le monde,
ont une plus
belle lumière
que le Soleil

ici, dans le
Poème,
la lumière du Jour
est la même que
celle de la Nuit

Poezibao : Oeuvres poétiques complètes, 1 de Pierre Garnier (une lecture d’Alain Helissen)

Pour célébrer les 80 ans de Pierre Garnier, Cécile Odartchenko, auteure déjà d’une monographie consacrée à ce poète, a entrepris l’édition de ses Œuvres poétiques complètes – l’adjectif n’est pas mentionné –. Saluons cette courageuse initiative qui vient couronner un poète dont le parcours, commencé dans les années 50 et riche de multiples étapes, méritait assurément un tel hommage. Pierre Garnier pratique d’abord une poésie « humaniste » s’inscrivant dans la mouvance de l’école de Rochefort qu’il fréquente d’ailleurs, tout comme le groupe de jeunes poètes réuni autour d’Elsa Triolet. Dès le début des années 60, il commence à se rebeller contre cette poésie qu’il juge trop « enracinée dans la langue », dénonçant son piétinement depuis le surréalisme, le lettrisme, l’école de Rochefort… Dans un premier manifeste daté de 1962, il en appelle à une poésie nouvelle visuelle et phonique. Il s’agit pour lui de « sortir les mots de la phrase », les libérer de leur enfermement, de quitter le rythme par trop lancinant de la poésie pour redonner toute sa puissance au mot, lui qui « n’existe qu’à l’état sauvage » et que la phrase veut civiliser. Ce sera l’émergence de la poésie « spatiale ». On pourrait y associer les adjectifs « concrète », « objective », « mécanique ». Les mots se trouvent isolés sur la page, une page, du reste, qui n’est plus leur support exclusif. C’est le moyen technique employé qui détermine la forme d’une poésie, affirme Pierre Garnier dans ce premier manifeste. Le poète va même jusqu’à ne plus faire apparaître, dans l’espace, que des lettres disposées selon des formes tenant davantage de l’image que du texte. Le temps des livres semble passé, annonce-t-il encore. Deux autres manifestes feront suite. Pierre Garnier y défend une « unité de l’univers » par un « verbe se créant de lui-même ». Il prône une poésie supranationale qui aboutirait à une langue universelle. Ainsi, les œuvres ne seraient plus traduites mais transmises visuellement. On mesure ici l’aspect révolutionnaire de ces propositions. Pierre Garnier compte parmi les précurseurs, au rang desquels on pourrait associer Henri Chopin et Bernard Heidsieck. Son héritage trouve encore des prolongements aujourd’hui dans les expériences formelles des nouvelles générations. Mais le spatialisme, dans sa raideur matérialiste, ne suffira pas à combler ses attentes. Pierre Garnier reviendra vers une « poésie linéaire épurée ». Préfacé par Lucien Wasselin, ce premier volume couvre la période 1950-1968. Il n’intègre pas, est-il précisé, les essais, textes théoriques, présentations, préfaces, articles, etc.…
En accompagnement de ce premier volume des Œuvres poétiques, Cécile Odartchenko publie encore deux ouvrages récents de Pierre Garnier, une manière de célébrer comme il se doit « l’année Pierre Garnier » nourrie, par ailleurs, de manifestations diverses. Je me contenterai de citer ici les 2 titres en question : Adolescence et La vie est un songe. Merci aux éditions des Vanneaux pour l’énergie déployée à sauvegarder de l’oubli des poètes dont l’œuvre s’inscrit sans conteste dans l’histoire de la poésie française. Notons, avant de conclure, l’originalité de présentation – très diversifiée – dont bénéficient tous les ouvrages publiés sous le label de ces éditions.

 
Contribution d’Alain Helissen

 

Pierre Garnier
Œuvres poétiques, 1. 1950-1968 ;
Ed. des vanneaux