Deux dates à retenir: les jeudis 1er et 15 octobre!

Chers amis,

C’est avec joie que nous vous convions à la prochaine lecture thématique de Jacques Pater:
                           « Les poètes et les peintres »
qui aura lieu jeudi 1er octobre à la Galerie Première Ligne à 18h30.
Par ailleurs notez dans vos agendas, le vernissage de l’exposition consacrée à Lysiane Schlechter, en présence de Michaël Glück le jeudi 15 octobre.
Les oeuvres d’Anne-Sophie Runel-Belliard, Henriette Lambert, David Hébert, Virginie Vandernotte, Marc Granier Jacques Le Scanff sont toujours visibles à la galerie!
Galerie Première Ligne – 8 rue Teulère – 33000 Bordeaux – 09 84 20 73 77
Publicités

Vidéo de la soirée avec Michel Butor

La vidéo de la soirée est arrivée!

Le 13 Mars, Michel Butor était à la galerie lors de l’exposition de l’artiste Max Partezana. Ils sont réalisé ensemble plusieurs livres d’artistes qui sont également exposés à la galerie.

Michel Butor a lu des extraits de son livre, Octogénaire, paru aux Editions les Vanneaux, illustré des dessins de Grégory Masurovski.

Octogénaire

18 euros

Buy Now Button

A vos agendas!

La lecture de Cédric Le Pelven prévue le 15 janvier pour le décrochage de l’exposition Jean-Gilles Badaire est reportée au 31 janvier.

La présence à la galerie des livres de l’éditeur-typographe Jacques Brémont est prolongée jusqu’à la fin janvier.
Jean-Gilles Badaire viendra décrocher ses oeuvres le 16 janvier. Son exposition sera remplacée par celle de Delphine Devil, artiste bordelaise, oeuvres sur papier, livre d’artiste.
Samedi 17 Janvier: présence de l’artiste à la galerie, de 14 à 19h. Venez Nombreux!
Mardi 20 janvier à 18 heures: verre de l’amitié en présence de Delphine et de Cécile Odartchenko.
31 janvier à 18 heures : Lecture de Cédric le Pelven, en présence de Jacques Brémont qui vient chercher ses livres.
A très bientôt!

Bouquet pour la folle mariée 07-13

oeuvre de Jean-Gilles Badaire

Accrochage des tableaux de Pauline A. Berneron

Bonjour!

Aujourd’hui, Pauline Berneron est venue à la galerie, apporter ses tableaux et nous avons fait l’accrochage!

Jacques Abeille a écrit un très beau texte pour cette artiste qu’il suit depuis longtemps et qui est maintenant son amour et sa compagne!

Je ne devrais pas ajouter à ce très beau texte qui dit tout!

Mais quand même!

Chaque émotion se justifie et si je n’éprouvais pas d’émotions, pourquoi éditer de la poésie et pourquoi ouvrir un lieu pour des artistes?

Je prends un verre avec Pauline et je lui dis à quel point l’ambiance globale est sinistre…

Les galeries parisiennes ferment…celle de mon ex mari, père de mes enfants, Albert

Loeb, rue des Beaux­arts, mais beaucoup d’autres…

Editrice de poésie, je suis bien informée concernant ce micro milieu, là aussi, péril…

péril…

Et l’arrière fond des guerres, intolérances horribles, catastrophes climatiques et

sanitaires…

L’inquiétude nous oblige­t­elle au sommeil sous Lexomil?

Pas forcément!

Dans la bonne ville de Bordeaux, le tram aidant, on peut se déplacer, et se promener

aussi tranquillement jusque dans les vieux quartiers et du côté de la Grosse cloche…Rue Teulère, par exemple!

Tous les jours j’ai le privilège de visites charmantes…On aime le lieu, on achète un ou deux ou trois livres de poésie et on regarde ce qui est exposé avec plaisir.

Certains vont jusqu’à me dire que mon lieu est un lieu « béni » Si! Si!

Je le crois aussi! Tant de belles rencontres!

Faites mentir les sceptiques et venez!

Partageons le bonheur et le plaisir de l’art quand il est de la meilleure eau ou de la meilleure farine, de la meilleure fournée…

Il y a sous mes yeux, du corps et de l’âme, du cosmos, du ciel et du vent, des profondeurs aussi, fonds sous marins, et danses du désir, danse des dieux…ne dites pas qu’Ils nous ont quittés et que les invoquer, Eux et les superstitions de tous ordres,

c’est maléfique…Il ne s’agit pas là, des dieux ,ôdieux, commanditaires de crimes… il

s’agit de nos invocations païennes sur les rives proches ou lointaines, au clair de lune…

Nous ferons des couronnes de bleuets, et nous les jetterons dans les tourbillons des

eaux vives, les herbes là, nous caresserons les jambes et les bras…nous flotterons

comme en extase, avec Pauline, qui est très belle et qui a l’air de savoir comment

réenchanter le monde!

photo 2 (6)

Les Editions des Vanneaux s’organisent

aDSC_8074Les Editions de Vanneaux s’organisent. Cécile Odartchenko, Présidente de l’association Horizon Création et directrice des Editions des Vanneaux établit son quartier général 8 rue Teulère à Bordeaux. Trois collections des Vanneaux sont confiées à des collaborateurs dévoués et bénévoles, les ci-devant « directeurs de collections »:

Sanda Voïca pour la collection Présence de la poésie.

Jean-Louis Rambour pour la collection des Petits Vanneaux (collection d’origine).

Ces collaborateurs feront le suivi, de la réception des manuscrits à la sortie de l’imprimerie des ouvrages. Jean-Louis Rambour et Laurent Albarracin ont carte blanche dans leur collection. Vous êtes invités à leur envoyer directement vos manuscrits.

Adresses: Jean-Louis Rambour: 2 rue Lihons – 80320 Ablaincourt Pressoir

Laurent Albarracin: Le Mayne – 19700 Saint Clément

aimez vous les escargotsIl est temps de vous parler d’André Bay! Mon grand ami , comme un amour, l’encouragement à vivre, à aimer, à jardiner, à lire, à écrire, à faire mes déjeuners d’André, puis mes « vergers » de la poésie, à peindre, à observer la nature, les oiseaux, la pie perchée sur son grand pin, en haut du coteau en bordure de Seine où était construite la maison de Chardonne qu’il habitait.

 

Ces derniers temps, avant de mourir  à 95 ans, il la regardait toujours, ne bougeant plus dans son fauteuil, ( jambes fragiles) il lui arrivait de tomber. Mais il voulait toujours y aller, vers cette fenêtre et vers l’autre, celle qui donnait sur la partie du jardin où poussaient ses iris et ses roses. Là, s’ébattaient d’autres oiseaux et quand ce n’était pas eux, c’étaient les feuilles tout simplement, qui remuaient et le vent, la brume qui enveloppait tout de son voile, et cachait le soleil, ou les nuages et puis aussi les avions qui fonçaient droit vers la Frette, venant d’Orly…

 

Il ne s’en lassait jamais de regarder et de s’émerveiller. L’émerveillement, c’était vraiment son « truc » et depuis toujours! Il aimait!

 

Il a aimé ses auteurs et en parlait avec ferveur, (directeur des éditions Stock) et descendait au moins trois fois pendant les repas, à la cave pour remonter des livres qui venaient à propos dans la conversation; il savait où ils étaient, bien qu’il y en ait plus de 30 000, en bas. Et d’autres en haut et dans toutes les pièces. Pourtant encore de la place pour les tableaux, ceux de son ami Prassinos bien sûr et puis les siens, que son fils Didier a jetés dans la benne… Il y a des « crimes » comme ça! Vers la fin, il me disait de prendre ce que je voulais, pour « sauver » la bibliothèque! Et m’a donné les tableaux que je lui ai demandés. Ainsi j’ai une mouche « Ophélie » qui se noie dans la rivière et la verdure, j’ai une Frette, vue du bras sinueux de la Seine, vue de la terrasse, j’ai un hibou aussi… Mais surtout j’ai dans le coeur ce trésor que personne ne peut m’enlever ni jeter à la benne, mes beaux souvenirs de lui, comme j’ai aussi les beaux souvenirs de Pierre Garnier.

 

J’ai publié deux livres d’André, « Dérives blanches » dans la collection des « Petits Vanneaux » et « Aimez-vous les escargots » une réédition d’un texte philosophique, humoristique et charmant, illustré par Ronald Searles. Gilbert Moreau, un ami, a publié dans sa revue des « Moments littéraires » son carnet écrit lors de ses 80 ans: « mourir »…

 

C’est grâce à André que mon premier roman a été publié par Hortense Chabrier chez Acropole. Mais soutenu par son ami et éminence grise Georges Belmont, le traducteur et ami d’Henri Miller, qui trouvait que j’étais un Henri Miller féminin! Bon, je n’ai pas de « cabane » à Big Sur, mais ma petite grotte rue Teulère…On y vient pour mon sourire paraît-il! Et mon sourire est nourri des affections que j’ai reçues.

 

Michel Valprémy, Oeuvres vives par François Huglo

IMG_0656

           Les « œuvres vives » d’un navire sont sa part immergée. Michel Valprémy (1947-2007) aura traversé sa vie en gardant enfoui, comme un trésor ou une sépulture, le journal qu’il n’avait cessé de tenir depuis 1965 et qui demeurait le sédiment de son travail. Ses publications elles-mêmes, pour la plus grande part dans des revues ou dans les collections de plaquettes qui les complétaient, n’auront connu qu’une diffusion confidentielle. Loin de s’en plaindre, Michel puisait dans l’amitié attentive et fidèle d’un cercle de lecteurs les forces qui lui permettaient d’avancer en toute indépendance et avec confiance. L’estime était réciproque : depuis les années 80, il était considéré comme l’un des écrivains les plus sûrs de sa génération par tout un réseau de revues (La poire d’angoisse, Décharge, Le dépli amoureux qui deviendra Le Grand Hors-Jeu ! puis Le grand Nord et Comme un terrier dans l’igloo, M25, Électre, Verso…), et par quelques éditeurs.  Une société des amis des textes de Michel Valprémy n’aura cessé de l’accompagner et de le soutenir de son vivant. La transformer, après sa mort, en association des amis de l’écrivain, ne fut qu’une formalité.

Ce que cherchent à diffuser ces amis, en élargissant le cercle et en permettant aux « œuvres vives » d’émerger, c’est la chance d’avoir connu, par la lecture et parfois la rencontre, l’échange, de vive voix, un artiste rare et familier, tonique et paradoxal. Un ascète espiègle. Un théâtreux monacal. Un sage à l’école (et à l’écoute) des fous. Un athlète compatissant. Un précieux primesautier. Un moderne archaïque. Un citadin bucolique. Un désespéré hilare. Un poète qui écrit peu de poèmes. Un critique exigeant qui n’a jamais écrit une note critique. Un arbitre des élégances qui fraternise avec les clochards, les travestis, les prostituées. Un écrivain dont les œuvres ramifient en diverses directions un journal secret. La jouvence des mots usés. La sève, l’eau croupie. L’oiseau, la charogne. Une prose qui, comme on le dit de certains crûs, ne se pisse pas, s’éjacule. La langue en miettes, la langue en sauce. Le noyau, la pulpe. Souple, incorruptible. Sociable, sans concession. Chenapan janséniste. Une exception où chacun peut se reconnaître. Multiple, unique. Pas plus contradictoire que l’acier : deux faces opposées, leur synthèse sur le fil d’une lame.

Les amis de Michel Valprémy sont accueillis chaque été par son compagnon Claude Martin, dans leur maison commune, à Robin, près de Fronsac. Chacun peut proposer une lecture. Aux voix habituelles de Sylvie Nève, de François Maurin, du comédien Christian Rousseau, se joint celle d’une élève du cours de danse de Michel. Une autre année, Denis Ferdinande lit un extrait d’Albumville, ou je présente un montage  d’extraits de lettres à Michel Sauquet. En 2013, Sylvie Nève, qui a co-écrit Chichi, le chevalier trempé avec Michel,  retrouve Jean-Pierre Bobillot pour une nouvelle version d’ Orlando Moroso que le duo sonore avait créé en ces lieux le 23 juillet 1988. Cette réunion annuelle permet aussi de faire le point sur la publication des inédits de Michel et des textes devenus introuvables. Dès sa fondation, l’association avait en effet distingué trois grands ensembles : les ouvrages disponibles chez divers éditeurs, les plaquettes agrafées, non rééditées, dont le rassemblement s’imposait, et les textes publiés dans des revues.

CHEZ DIVERS ÉDITEURS

Rose, Raoul et Courte-Queue (Deleatur, 1988). Légende, avec une eau-forte de Jacques Abeille. « Il y aurait l’histoire, toujours, d’une belle amour, d’un rustre amour, et de leur drôle. (…) Pas de cimboles : c’est bien d’égrillards légumes, de priapiques volailles qu’ils s’agitent ! » (extrait de la préface de Sylvie Nève & Jean-Pierre Bobillot).

Michel Valprémy (Les contemporains favoris, 1991). Morceaux choisis. Édition commentée avec notes, notices bio-bibliographiques, jugemets, exercices, et une introduction de François Huglo. Illustrations de Jacques Abeille, Luc Lauras, Michel Valprémy.

L’appartement moutarde (Opales, 1995. Précédentes éditions : Le Grand Hors-Jeu ! n°73, 1994, et éditions du Rewidiage, collection Plis, 1994, suivi d’une lettre ouverte de François Huglo). « (…) comme on parle du nid d’une écharde (et ce nid la baigne, la trempe, l’oint, comme la lumière resserrée autour du pantin dans la toile décrite à la fin : lumière des limbes (…) » (extrait de la lettre ouverte).

L’œil du guetteur (le Dé Bleu, 1997). « Les courtes proses, à la musique intérieure violemment rythmée, de Michel Valprémy sont autant de compositions « plastiques » qui démultiplient les approches de la lecture, pour autant que le lecteur veuille bien varier les distances d’observation —comme on le fait pour les toiles d’un peintre ». (4ème de couverture).

Pablo, les baigneurs (Opales, 1998). « Le récit n’aura d’autre lieu que le corps de chaque personnage. Valprémy (un genre littéraire par livre) isole ici des corps purs. Se combineront-ils ? À chacun sa tratégie » (François Huglo, 4ème de couverture).

Cadastres du clair/obscur —réseaux, ruses, abécédaire— (Atelier de l’Agneau, 1999).

« Clairon

            S’esclaffe, enroué comme un cric (je dis ce que j’entends), le coq ronflant du fumier, mastaba croûteux l’île dans le pré, gratiné à souhait, caramélisé, mon beau navire, mon radeau planté qui tremble et brûle sur la peinture, sur la palette d’un soleil mou ».

Mailles, mémoire (Opales, 2000).

« Mailles, mémoire, bandeau d’ébène d’où vient le jeu, la douleur borgne qui geint, batifole, cherche filon, ses parfums, ses papilles, outre-temps, avant-hier, quand chaque jour je touchais au but ? ».

Tout le monde passe devant les vitrines (Atelier de l’Agneau, 2001).

« 1. Elle l’a léché, maintenant c’est fini.

    2. J’y crois, je tricote mes ailes.

   3. Pigeon vole, je te montre ?

   4. Je décapote, elle couine.

   5. J’ai lu La Mégère : ma sœur en direct.

   (…)

   80. Personne ne me doublera à la fin ».

Kiosque à paroles (Éditions Voix, 2001). « Ras la peau, ras l’odeur, ras la page tannée, qui passe au crible (vers, libre calibre ?). Quels rayons martèlent (retours d’enfance) ? Quel couteau touille l’œil du lapin, cure l’os gâté, quel opéré opère ? Aiguise, lecteur, exerce ton bec à gratter la plaie, à pêcher dans la fange la netteté, la sécheresse. À goûter le venin, à mâcher la soif. À léguer l’inventaire est un trésor). À trancher. À cracher vrai ». (François Huglo, 4ème de couverture).

Albumville (Atelier de l’Agneau, 2002).

« Dans les BUS, il y a aussi des travailleurs aux mains larges (deux fois les miennes). Ils sentent le ciment et la brique, ils ont l’air doux, malgré les ans, la fatigue. Ils me demandent sans se moquer si j’écris mes mémoires. Je réponds oui. Ils disent que j’ai de la chance. Ils disent qu’ils n’ont rien à dire, eux. Je réponds si, comme tout le monde. Ils disent rien, non rien. Je réponds si. Je regarde leurs mains. Ils ont vu les miennes. Ils disent bon, et peut-être à la fin ».

Cibles, cribles (Haldernablou, 2003). « (…) la lecture de Cadastre du clair / obscur, d’Albumville, m’imposa l’évidence que cette poésie, si elle ne mâchait pas ses mots, n’avait pas vocation à épuiser le réel mais à en élargir la perception, en restant à l’affût des plus fugaces suggestions, et au plus puissant effet de réalité qu’elles apportent. Car si Valprémy excelle à rendre le scabreux avec naturel, ce n’est pas pour répondre au sexuellement correct, qui fait du sexe un orphelin de la réalité, mais pour rendre au sexe le réel tout entier. (…) Voici donc aujourd’hui, sous couverture vert pomme et lettres muscat Cibles, cribles de Michel Valprémy. Un détour par l’enfance mais surtout des détours par l’enfance, par les fourbis de l’enfance, qui pense beaucoup par ce qu’elle touche, sent, manipule, goûte, entasse, reluque et dévaste. Et passe en contrebande » (François Maurin, éditeur, Le divan de Modestine, septembre 2003 n°2.

La Mamort, en collaboration avec Christophe Manon (Atelier de l’Agneau, 2004). « Langue de pie, pays perdu, rhume des foins, brasier de chats, d’insectes, fleurs de culottes, très long péché du bon plaisir, un rien suffit pour la curée —Mémé, je parle, et c’est du vin, des roses, de l’or en barre, du poison ».

Le dit d’A.-M.B. (Poignant Églantier, 1995). « Molasse dit : jute et con. Lison non, Molasse franche du col, de l’entrecuisse. Pleines les mains, pleine la bouche. Elle dit bougie, concombre, barreau de chaise, elle dit dard au dessert. Elle dit manille et vulve. Elle dit mulve et vanille ».

Petits crapauds du temps qui passe, en collaboration avec Jacques Izoard (Atelier de l’Agneau, 2006). « Les poèmes d’Izoard sont premiers et Valprémy intervient dans la page (…). L’œuvre de Jacques Izoard, accomplie, sûre, pondérée, qui marche sur un chemin mille fois fouillé, est frottée à la langue de Michel Valprémy qu’on connaît pour son plus grand goût du risque lexical et qui aime à gratter là où ça chatouille. La simplicité lyrique et minimaliste de la poésie d’Izoard est perturbée par l’écriture plus baroque de Valprémy, caractérisée par un grand afflux de mots, de nerfs, de choses revêches. Là où le premier dépouille son écriture, le second la recouvre de peaux multiples. L’un aime la nomination directe quand l’autre préfère le détour et l’allusif. Mais les thèmes, les objets de la rêverie poétique se recoupent fréquemment et le principal d’entre eux est assurément le corps. Le corps et ses parties (œil, cœur, verge…), le corps et ses humeurs (salive, sperme). Cette confrontation des deux imaginaires, des deux complexions psychologiques et poétiques fonctionne bien parce qu’ils sont étonnamment proches, comme le montre l’entretien entre les deux auteurs à la fin de l’ouvrage ». (Laurent Albarracin, Images de la poésie, chronique sur le site de Pierre Campion À la littérature…).

Rose, Raoul et Courte-Queue, Des nouvelles de Deleatur (Ginkgo éditeur, 2006). Réédition.

Manips (Ikko, 2006). « Du bout des doigts, j’écosse l’eau, le lait. Du bout des doigts crème et crasse. Le temps est un miroir de sable, une flaque plate, le temps couche long, lent, au creux des brocs, des cuvettes, le temps chevron, échelle de drap ».

Cédille au çiel, avec une photographie de Francis Chaumorcel (Éditions des Vanneaux, 2006). « (…) une cédille que plus tard, sur la couverture d’un livre de Michel valprémy, je verrais pendre au c du ciel, pendre au çiel, ou plutôt l’accrocher à sa langue bien pendue, le crocheter, tenir à jamais l’esprit suspendu au vol immobile de la lettre » (François Huglo, Crénom).

Cache-cache vinaigre : farsa comica (Apogée, 2007). « Une Merveille, c’est une abeille vermeille, une bonne poire pour la soif. Donnez-moi l’heure, donnez-moi ma lettre ! Je m’appelle Merveille, Merveille Doisot. J’écris sur les murs, sur les boîtes à ordures. J’ai ma signature, monsieur, avec mon trèfle porte-bonheur. J’écris partout, partout, même sur le cul des marins. J’écris. Je suis une Merveille, une Merveille ! Je suis la Merveille d’Angoulême ».

La Salpêtreuse avec des sculptures et dessins de Michel Valprémy photographiés par Claude Martin (Atelier de l’Agneau, 2009).

« Le clumeur

   Face au mur, sans tache des socquettes au chapeau, il compte. Il peut compter jusqu’à cent, trois cents, jusqu’à demain, jusqu’à la fin du monde, jusqu’à ce que sa langue sèche et tombe. Il est toujours hors-jeu, hors-concours, sur la touche. Il compte ».

Lilas-zone, Inventaire (Éditions des Vanneaux, 2010). « Ni roman ni poème ou les deux, c’est un livre, un jeu de piste à parcourir en tous sens. Tous les livres le sont, mais lui le sait. Les flèches ne sont pas tracées sur les routes, elles volent avec l’Indien, le guetteur empenné qui par l’œil entre dans l’arc, la phrase qu’il plie, et entre dans la flèche, le vers qui bondit et s’envole, de lieu en lieu, autant de dégâts, chacun étant la scène première et dernière, celle qui survit au naufrage de la narration » (François Huglo, préface).

AGRAFES  (Atelier de l’Agneau, 2011)

Ce recueil rassemble, avec des photographies d’Ariane Boillot et la photocopie de la couverture originale de chaque plaquette :